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Etude sur la parashah Hayei Sarah
shiour hommes
11/2025
Etude sur la parashah Hayei Sarah
1er sujet de la parashah : la mort de Sarah. 3 Midrashim :
Un premier midrash (Pirkei de Rabbi Eli’ezer 32) dit qu’un ange est allé voir Sarah : n’as-tu pas entendu ? Ton vieux mari a pris Yits’haq comme ‘olah. Elle pleura trois pleurs correspondant aux trois sons longs du shofar et trois cris, correspondant aux sons courts. Son âme d’envola et elle mourut. Abraham vint et la trouva morte.
Un autre midrash (Tanhouma) dit : Abraham s’apprêtait à faire la sh’hitah et le Satan a poussé sa main ; le couteau est tombé : il a en tendu un Voix céleste dire « al tishla’h yadkha el hana’ar - ne porte pas la main sur l’enfant » … si la Bath Qol n’avait pas parlé, Yits’haq aurait été sha’hout . Grâce à ce retard (parce que le Satan est intervenu), Abraham ne l’a pas tué. A ce moment, le Satan est allé chez Sarah et s’est déguisé en Yits’haq ; Sarah lui dit : beni, mah assah lekha avikha ?? Amar lakh : mon père m’a pris et emmené dans les montagnes et les vallées ; il a fait un foyer, m’a ligoté sur le mizbea’h et a pris un couteau pour faire la sh’hitah, mais il n’a pas eu le temps … Sarah n’entendit pas la fin du récit ; elle est morte.
Un troisième midrash (Rabbah sur A’harei moth ) : Yit’haq raconte à Sarah que Abraham l’a emmené sur les montagnes, les vallées … et pris le couteau et si une voix n’était pas intervenue, je serai mort ! Tout ce que je dis est vrai ; la preuve : je suis là. Sarah dit : Je deviens folle d’entendre ça ! Elle pleura six qoloth keneged shisha teqiyoth ; elle n’entendit pas la fin du récit ; elle est morte.
Dans ces trois situations, elle croit que Abraham a tué Yits’haq. On se demande comment elle a pu croire une chose pareille ? Dans le dernier midrash, il y a un récit et on nous dit qu’elle n’a pas entendu la fin du récit et elle est morte. Elle n’a pas écouté ; elle a terminé le récit « dans sa tête » sans voir que sa version était contredite par la présence même d’Yits’haq devant elle. Dans les deux autres cas, elle a été trompée. Le récit ne l’a pas trompée ; elle s’est trompée toute seule. Elle n’a pas décelé quelque chose dans le récit qui aurait pu lui faire comprendre ce qu’il s’était passé … C’est la force du récit qui lui a été fait !
2ème sujet : l’importance de l’achat de ma’arat hamakhpelah, de l’achat d’un caveau. C’est une façon de s’ancrer dans la terre. L’importance de s’inscrire, s’istaller sur cette terre de Canan. C’est le caveau où sont enterrés Adam et ‘Havah : Abraham se présente comme faisant le travail de Adam et ‘Havah. Un ancrage dans l’humanité ; un lien avec l’origine à laquelle on se rattache.
3ème sujet : le mariage d’Yits’haq
‘Hazal disent que quand Yitsh’aq était sur le mizbea’h il est « mort et ressuscité » : il a reçu une nouvelle neshamah. Il avait une neshamah féminine ; après la ‘aqedah il reçut une neshamah masculine. Avant il ne pouvait pas se marier, avoir des enfants, avoir un futur. C’est au moment-même où Abraham accepte de « tuer » son futur que Yit’haq se voit lui-même avoir un futur en recevant une nouvelle neshamah.
Abraham va lui chercher une femme dans la famille. C’est une famille d’idolâtres ! Mais Rivqah est une rose parmi les ronces » (en quelque sorte, une ronce qui a mal tourné – qui est devenu une rose !). La femme la plus importance de toute l’histoire juive ! Une femme qui, comme Myriam, s’élève contre ses parents en décidant d’aller dans la famille d’Abraham. Une femme qui, à 20 ans, fait fonctionner sa maison comme Sarah le faisait. Une femme qui bouleverse l’ordre du monde en remettant à Rachel et Leah la tâche de fabriquer les douze tribus alors qu’elle, Rivqah, avait la possibilité de le faire seule ; une femme qui invente un nouveau chemin. Comme quelqu’un qui marche devant HaShem.
Eli’ezer est envoyé pour chercher une femme pour Yits’haq (sachant que Yits’haq, en tant que ‘olah ne pouvait pas sortir d’Erets Israël). Eli’ezer, pour remercier HaShem, emploie le terme de baroukh : il a ressenti que c’est HaShem qui l’a guidé pour que cette « vérité, » le mariage de Yits’haq, se réalise. Ce mariage devait avoir lieu et HaShem be’hasdo a guidé le cheminement pour que cette vérité se réalise.
On voit dans les versets que Lavan, tout à ses manigances, emploie le nom d’HaShem : on peut connaître HaShem et être en même temps une crapule !
La Torah ne cache pas qu’il y a en nous un penchant à faire le mal. Il y a une réalité du mal. L’homme peut être le plus développé qu’on imagine, en même temps il est capable des pires choses.
A un certain niveau, ce qui est vraiment grave avec le mal, ce n’est pas la réalité du mal, c’est l’absence de bien, c’est qu’on ne construit pas le monde.
Etude sur la parashah Hayei Sarah
